FOLIE D’YS

mai 6th, 2011

Parution courant mai de Folie d’Ys auxéditions Terre de Brume, collection Polars & Grimoires.

« Quand Paris sera engloutie, la ville d’Ys resurgira » assure la légende. Pas de quoi inquiéter les promoteurs du parc d’attractions Celticland, bien décidés à exploiter le mythe de l’« Atlantide bretonne », là même où subsisteraient ses derniers vestiges. À Douarnenez, le projet divise. Créations d’emplois et essor économique, se réjouissent les élus. Leur répond une coalition hétéroclite composée de défenseurs de l’environnement, et autres militants altermondialistes…
Thomas, « plumitif à tout faire », est chargé par son hebdomadaire de couvrir la lutte qui s’annonce. Quand débute la série noire : en deux mois, trois hommes liés au projet Celticland trouvent la mort dans des circonstances incertaines… Faut-il croire à la vengeance des « Fils de la terre bretonne », groupuscule dont l’étrange président n’a cessé de brandir ses menaces ? Ou s’en remettre aux vaticinations du rocker Jimmy Shaw, pour qui la « malédiction d’Ys » vaut bien celle des pharaons ?
Thomas, lui, ne croit qu’à un seul maléfice : celui qu’engendre immanquablement le mariage du politique et de l’argent. Mais que dire quand sa propre compagne lui rappelle cette femme blonde aperçue auprès des trois victimes… Car la rumeur courant Douarnenez n’évoque-t-elle pas à présent Dahut réincarnée ?

Lire le premier chapitre.

Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, reprise de La Dame blanche était en noir, même éditeur, même collection.

derrière Gracq, monsieur Poirier au quotidien

novembre 24th, 2010

Reprise d’un texte paru en décembre 2008, à l’époque du blog… Ce dernier étant désormais définitivement fermé (merci SFR !), décidé d’exhumer de temps en temps quelques lignes de ce que je bricolais alors. Du moins celles qui me semblent encore tenir à peu près la route ! Aujourd’hui, un montage d’extraits d’articles consacrés à Julien Gracq après sa mort et parus dans le quotidien Ouest-France.

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ceux qui l’ont connu je faisais des poèmes en prose c’est vous dire sa simplicité quand il a fait un article, après le départ des trémies on parlait de la pluie et du beau temps celui que la presse parisienne a surnommé après la mort de sa mère, en 1971 on ne compte plus les écrivains, les critiques littéraires jeune, il était superbe quand il partait au tennis, tout en blanc ils en ont jamais autant parlé que depuis qu’il est mort il n’avait rien d’un misanthrope admiratrice fervente de ce voisin charmant un homme d’une grande courtoisie j’étais tout jeune et je voulais écrire il était très famille il y a exactement un an quasi toutes les s’maines qu’y font un article grand amateur d’échecs elle appréciait son élégance quand c’était nécessaire, il n’hésitait pas à s’engager dans la vie de la cité bien sûr, il a eu des aventures, comme tout le monde  (lire la suite)

je me souviens (1)

novembre 16th, 2010

Je me souviens de l’odeur du lait renversé dans la fourgonnette – cette odeur de lait caillé, rance – écœurante parce que la chaleur de l’été, et se mélangeait à celle de l’essence – fourgonnette blanche reconnue aussitôt, sans même un coup d’œil à la plaque minéralogique – combien de voitures ainsi, d’emblée identifiées, comme une personne à sa silhouette, parce qu’un détail, un pare-choc, une aile froissés, un pare-soleil, la position de l’antenne – fourgonnette blanche que ton père te prêtait en fin de matinée, après sa tournée de lait – une autre voiture, bien sûr – mais si peu de temps que tu avais ton permis – ton père t’aurait dit non – secouant vivement la tête – des cheveux blancs frisés – crachotant les syllabes – se bousculaient en bouche, hoquetaient comme sans issue – ton père était bègue – bègue à tel point que même le vin rouge n’y changeait rien, bien au contraire – pourtant pas faute d’essayer ! – ton père qui n’était pas ton père, pas plus que ta mère n’était ta mère – des parents adoptifs à ce qu’on disait – vous étiez venus de loin, ton frère et toi – du Liban – là-bas c’était la guerre – on voyait les images à la télé : façades d’immeubles éventrées, murs effondrés, décombres plein les rues – et puis des ambulances – des corps qu’on montait dedans précipitamment – draps blancs – l’ambulance filait avec des types qui se tenaient sur le marchepied –  un lance-roquettes à la main, ou une Kalashnikov – (lire la suite)